Pendant des années, l’utilisation la plus visible de l’Intelligence Artificielle reposait sur un principe simple : l’utilisateur formule une demande et l’IA génère une réponse.
Aujourd’hui, son rôle au sein des logiciels est en train d’évoluer.
Les nouveaux modèles sont de plus en plus conçus pour accomplir des tâches en plusieurs étapes : analyser une demande, déterminer ce qui doit être fait, utiliser les fonctionnalités d’un système, récupérer des informations provenant de différentes sources et poursuivre le processus en fonction du résultat de chaque étape. L’IA passe ainsi progressivement d’une fonction qui fournit des réponses à un composant capable de participer activement à l’exécution de processus. Cette évolution a des implications bien plus importantes pour le développement logiciel qu’il n’y paraît au premier abord.
Un chatbot traditionnel fonctionne dans un cadre relativement clair. Il reçoit une demande et génère une réponse.
Un système intégrant des agents IA peut jouer un rôle différent. Au lieu de simplement indiquer ce qu’il faudrait faire, il peut déterminer les étapes nécessaires et interagir avec différentes parties du logiciel pour les exécuter.
Une seule demande peut nécessiter de consulter plusieurs sources d’information, de comparer des données, d’utiliser une API, de générer un document et de déclencher un autre processus.
À ce stade, l’IA n’est plus seulement la partie du système qui communique avec l’utilisateur. Elle devient une composante de la manière même dont le système fonctionne.
Et c’est précisément à ce niveau que l’architecture commence à évoluer.
Plus l’IA peut agir, plus ses limites doivent être clairement définies
Lorsque l’IA se contente de proposer une réponse, l’utilisateur peut l’examiner et décider de la suite. Lorsqu’elle est capable d’effectuer des actions au sein d’un système, chacune de ces actions doit s’inscrire dans un cadre clairement défini.
À quelles données peut-elle accéder ? Que peut-elle modifier ? Quelles actions peut-elle exécuter de manière autonome ? À quel moment une validation humaine est-elle nécessaire ? Que se passe-t-il lorsqu’elle rencontre un résultat inattendu au cours du processus ?
Ces questions déplacent le sujet des seules capacités du modèle vers la conception du système qui l’entoure.
L’IA peut déterminer l’étape suivante, mais le logiciel doit définir le cadre dans lequel cette décision peut être exécutée.
L’IA doit fonctionner avec les systèmes déjà en place
Dans la pratique, un agent IA apporte rarement toute sa valeur de manière isolée.
Pour exécuter un processus réel, il doit pouvoir communiquer avec des bases de données, des API, des systèmes documentaires, des plateformes internes ou d’autres services. Une part importante du développement réside donc autant dans le modèle d’IA que dans sa capacité à s’intégrer à l’écosystème technologique existant.
C’est précisément là que l’ingénierie logicielle conserve un rôle essentiel.
Le système doit définir comment les informations sont récupérées, comment les droits d’accès sont contrôlés, comment les données sont validées et comment une action initiée par l’IA respecte les mêmes règles que celles appliquées dans le reste du système.
Plus les capacités de l’IA progressent, plus l’architecture qui l’entoure devient importante.
Un processus piloté par l’IA ne doit pas devenir une « boîte noire »
Dans un système traditionnel, de nombreuses actions sont prédéfinies. Une condition précise entraîne une action déterminée, ce qui permet de suivre relativement facilement le déroulement d’un processus.
Lorsque l’IA participe à la définition des étapes suivantes, le processus devient plus dynamique.
Le système doit donc conserver une trace claire de ce qui s’est passé : quelle demande l’IA a reçue, quelles sources elle a utilisées, quelles actions elle a entreprises et quel en a été le résultat.
Il devient ainsi possible de suivre le processus, de le contrôler et, lorsque cela est nécessaire, de l’examiner a posteriori.
Dans ce contexte, la traçabilité devient une composante de l’architecture des systèmes intégrant l’IA, plutôt qu’une simple fonctionnalité supplémentaire.
L’automatisation entre dans une nouvelle phase
L’automatisation traditionnelle repose généralement sur des règles prédéfinies : si A se produit, exécuter B.
Les agents IA peuvent rendre ce modèle plus dynamique. Ils peuvent interpréter le contexte, choisir entre plusieurs actions et adapter les différentes étapes d’un processus en fonction des informations obtenues au cours de son exécution.
Cette évolution ouvre de nouvelles possibilités pour les logiciels, tout en renforçant l’importance de la manière dont sont conçus le contrôle, la sécurité et la supervision humaine.
La valeur ne réside pas simplement dans la capacité de l’IA à accomplir davantage de tâches. Elle réside dans la capacité à intégrer ces possibilités dans des processus réels de manière maîtrisée et fiable.
Le logiciel autour de l’IA devient aussi important que l’IA elle-même
À mesure que les modèles gagnent en capacités, la différence entre les systèmes ne dépendra plus uniquement du modèle qu’ils utilisent.
Elle dépendra également de l’architecture qui l’entoure : les données auxquelles il peut accéder, les systèmes avec lesquels il peut communiquer, les actions qu’il peut effectuer, les contrôles auxquels il doit se soumettre et la manière dont chaque processus est suivi.
Chez ALSoft, l’intégration de l’IA dans les logiciels s’inscrit précisément dans cette approche globale. Le modèle constitue un composant du système, tandis que l’architecture définit la manière dont il interagit avec les données, les processus et les autres fonctionnalités.
Comme le résume Ermal Beqiri, fondateur d’ALSoft :
« Plus l’Intelligence Artificielle prend une place importante au sein d’un système, plus l’architecture qui l’entoure devient essentielle. La valeur se crée lorsque les capacités de l’IA s’intègrent aux données, aux processus et aux règles du système de manière claire et maîtrisée. »
Le passage d’une IA qui répond à une IA qui agit pourrait devenir l’une des évolutions les plus importantes dans la manière dont les applications seront conçues au cours des prochaines années.
Car la question elle-même évolue. Il ne s’agit plus seulement de savoir « Que peut générer l’IA ? », mais « Quelles actions pouvons-nous confier à l’IA au sein d’un système réel ? »
